« Je ressens un malaise au travail sans comprendre exactement pourquoi. »
Ce malaise n’a pas toujours de visage précis. Il ne s’incarne pas forcément dans un conflit ouvert, une dispute ou une crise visible. Il est plus subtil. Plus diffus. Il s’installe dans les silences, les regards évités, les phrases trop brèves ou les tensions qui semblent disproportionnées. Souvent, on finit par conclure :
« Le problème, C'est les relations avec mes collègues »
Mais si les difficultés relationnelles au travail n’étaient pas la cause réelle… mais seulement le révélateur de quelque chose de plus profond ?

Le malaise relationnel : quand quelque chose “sonne faux”
Dans la plupart des situations de malaise au travail lié à la communication, les faits sont relativement anodins :
- Une remarque un peu sèche
- Un message resté sans réponse
- Une décision prise sans concertation
- Une réunion où l’on ne se sent pas écouté
Pris isolément, ces éléments ne devraient pas provoquer autant d’émotions. Et pourtant, ils déclenchent parfois irritation, repli, colère ou perte de motivation.
Pourquoi ?
Parce que ce qui fait souffrir n’est pas l’événement en lui-même, mais ce qu’il vient toucher intérieurement.
Un sentiment de mise à l’écart.
Une impression d’insécurité.
L’idée de ne pas compter.
La sensation d’être enfermé dans un rôle.
Les problèmes relationnels au travail sont rarement des problèmes de personnes. Ils sont presque toujours des problèmes de résonance intérieure.
Les conflits invisibles en entreprise : tout ce qui ne se dit pas
Dans les organisations, on parle beaucoup de processus, d’objectifs, de résultats.
Mais on parle très peu de ce qui se vit humainement.
Alors, beaucoup de choses restent sous la surface :
- Des attentes jamais formulées
- Des frustrations accumulées
- Des interprétations non vérifiées
- Des émotions jugées « non professionnelles »
Ces conflits invisibles en entreprise ne font pas de bruit… jusqu’au jour où ils saturent l’espace relationnel.
À ce stade, la moindre interaction devient tendue. Un simple désaccord prend des proportions excessives. La communication se rigidifie, chacun se protège, souvent sans comprendre pourquoi.
Quand la relation semble “toxique”… mais ne l’est pas forcément
Face à cette tension persistante, une question revient souvent :
« Suis-je dans une relation professionnelle toxique ? »
Parfois, la réponse est oui.
Mais bien plus souvent, la relation est surtout incomprise.
Deux personnes peuvent travailler ensemble avec des attentes très différentes, sans jamais les exprimer clairement. Chacune agit en pensant « bien faire », tout en générant chez l’autre un sentiment d’injustice, de pression ou de rejet.
Ce décalage crée une fatigue émotionnelle qui, à force, est interprétée comme de la toxicité, alors qu’il s’agit surtout d’un désalignement profond dans la manière de fonctionner ensemble.
La communication : là où tout se joue… et se rejoue
La communication professionnelle est rarement neutre.
Elle transporte bien plus que des informations.
Une consigne peut être entendue comme un manque de confiance.
Un feedback peut être vécu comme une remise en question de sa valeur.
Un silence peut être interprété comme de l’indifférence ou du mépris.
Ce n’est pas la phrase qui blesse.
C’est ce qu’elle réveille.
Dans beaucoup de situations de malaise au travail et de communication, chacun réagit davantage à ce qu’il ressent qu’à ce qui est réellement dit. Les échanges deviennent alors un terrain miné, où l’on avance avec prudence, voire avec méfiance.
Pourquoi certaines situations prennent une ampleur démesurée ?
Vous êtes-vous déjà surpris à réagir fortement à une situation objectivement mineure ?
Un mail de trois lignes.
Un ton un peu direct.
Une décision prise sans vous.
Si la réaction est disproportionnée, ce n’est pas un hasard. Cela indique souvent que quelque chose d’essentiel est déjà fragilisé à l’intérieur.
Quand on ne se sent pas pleinement reconnu, en confiance ou légitime, la moindre interaction devient une menace potentielle. On ne défend plus seulement une idée ou un point de vue, on se défend soi-même.
C’est là que les problèmes relationnels au travail prennent racine.
Le cercle silencieux des malentendus
Sans espace de clarification, un cercle se met en place :
- Une situation génère un inconfort
- Cet inconfort n’est pas exprimé
- Il se transforme en interprétation
- L’interprétation influence le comportement
- Le comportement renforce le malaise initial
Et chacun finit par se dire :
« On ne peut plus communiquer normalement ici. »
Ce cercle n’est pas une fatalité. Mais il nécessite un pas de côté, une autre lecture de la situation.
Revenir à soi pour mieux comprendre la relation
Contrairement à ce que l’on croit, sortir d’un conflit relationnel ne commence pas par convaincre l’autre, ni par trouver les bons mots.
Cela commence par une question simple, mais exigeante :
« Qu’est-ce que cette situation vient toucher chez moi ? »
Est-ce un sentiment de ne pas compter ?
De ne pas être en sécurité ?
De tourner en rond ?
De ne pas être respecté ?
Tant que ces éléments restent flous, la communication reste défensive. On parle pour se protéger, se justifier ou attaquer, rarement pour comprendre.
Le coaching : un espace pour rendre visible l’invisible
C’est précisément là que le coaching prend tout son sens.
Non pas pour analyser qui a raison ou tort, mais pour :
- Mettre des mots sur ce qui est ressenti
- Distinguer les faits des interprétations
- Comprendre ses propres réactions
- Retrouver une marge de choix dans la relation
Le coaching offre un espace sécurisé où le malaise peut enfin être exploré sans jugement. Là où la relation est tendue, il permet de recréer de la clarté intérieure, condition indispensable à une communication apaisée.
Quand le problème n’est pas “les autres”… ni seulement soi
Dire que les problèmes relationnels au travail ne sont presque jamais le vrai problème ne signifie pas que tout se passe « dans la tête ».
Cela signifie que :
- les tensions sont des signaux
- elles indiquent un déséquilibre plus profond
- elles appellent une lecture plus humaine du travail
Le malaise relationnel n’est ni une faiblesse, ni un manque de professionnalisme. C’est une information précieuse sur ce qui mérite d’être ajusté.
Transformer le malaise en point d’appui
Plutôt que de chercher à faire disparaître les tensions à tout prix, il est souvent plus juste de les écouter.
Elles parlent de :
- ce qui manque
- ce qui n’est pas entendu
- ce qui cherche à exister autrement
Lorsqu’on accepte de regarder sous la surface, les relations professionnelles cessent d’être un champ de bataille silencieux et peuvent redevenir des espaces de coopération, de clarté et de sens.
En conclusion
Si vous ressentez un malaise au travail sans comprendre exactement pourquoi, ne vous arrêtez pas au symptôme relationnel.
Posez-vous cette question essentielle :
« Qu’est-ce que cette situation cherche à me dire sur moi, sur l’autre, et sur la manière dont nous travaillons ensemble ? »
Je crois que c’est en explorant ce qui se joue au-delà des mots que la communication retrouve sa justesse et que le travail redevient un lieu possible d’engagement, plutôt que de tension permanente.
